Omicron, variant plus transmissible mais moins virulent?

L'apparition et la propagation rapide du nouveau variant Omicron ont poussé de nombreux pays à mettre en place plusieurs mesures de précaution pour tenter de limiter la propagation de la COVID-19. Alors que certaines études suggèrent que ce variant aurait des effets moins graves que les souches précédentes en cas d'infection, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande tout de même de rester prudent.

Un virus, comme le SARS-CoV-2, évolue constamment et, dans le monde médical, c'est chose connue et attendue. Sa multiplication conduit au développement de mutations, c'est-à-dire des erreurs conduisant à des modifications de la séquence génétique d'origine. C'est ce qui donne naissance aux variants. Si certaines erreurs n'ont aucune conséquence néfaste sur le virus souche, le rendant moins viable ou plus bénin, d'autres lui confèrent de nouvelles capacités d'adaptation qui peuvent devenir "préoccupantes". En effet, ce variant peut alors être plus contagieux, plus virulent ou moins sensible à l'immunité acquise suite à une infection antérieure ou à une vaccination (on parle alors "d'échappement immunitaire"), voire ne plus être détectable par les tests de dépistage utilisés.

Omicron: des mutations le rendant plus contagieux que les autres variants

Le variant Omicron (ou B.1.1.529) du SARS-CoV-2, détecté en Afrique du Sud début novembre, a rapidement été déclaré "préoccupant" par l'OMS. En effet, le variant Omicron compte plus de 30 mutations sur la protéine Spike, qui joue un rôle essentiel dans la transmission de l'infection (Scientific American - 3 décembre 2021), alors que le variant Delta, hautement transmissible, comporte 9 mutations comparé au virus initial. Ainsi, la contagiosité d'Omicron est largement supérieure aux souches précédentes.

Quelques semaines à peine après sa découverte en Afrique australe, Omicron a déjà été signalé dans 106 pays (donnée du 21 décembre 2021 - OMS). Il est même devenu majoritaire dans plusieurs pays: en Afrique du Sud, au Danemark, aux États-Unis, en Israël et dans le Royaume-Uni. Au Luxembourg, le nombre de personnes infectées par ce nouveau variant est passé de 5 à la mi-décembre à 50 juste avant les fêtes de Noël (LNS - rapport du 13 au 19 décembre).

D'autres particularités à prendre en compte

Le variant Omicron provoquerait des symptômes quasi similaires aux souches précédentes en cas d'infection. Toutefois, la perte de goût ou d'odorat semble être moins présente (Eurosurveillance - 16 décembre 2021).

En outre, ce variant peut échapper à une immunité antérieure. Ce qui signifie qu'il peut infecter les personnes qui ont déjà eu la COVID-19, celles non vaccinées ou vaccinées il y a plusieurs mois.

Moins d'hospitalisations et de décès selon les premières données scientifiques

Les formes graves suite à une infection au variant Omicron existent toujours mais semblent devenir moins courantes. Trois études menées en Angleterre, en Écosse et en Afrique du Sud ont comparé les données sur les infections au variant Omicron et celles au variant Delta. Toutes montrent que le risque d'admission à l'hôpital est inférieur de 15 à 80% chez les personnes infectées par le nouveau variant (BMJ - 23 décembre 2021). En Afrique du Sud, les données montrent une diminution du nombre de cas graves admis en hospitalisation (BMJ - 21 décembre 2021) et ce, malgré des records de contaminations dans le pays. Aussi, les données de surveillance de l'épidémie en Afrique du Sud montrent que le nombre de décès a, lui aussi, été plus faible que lors des précédents pics connus dans le pays.

Même si ces premières études montrent un scénario relativement optimiste pour les semaines à venir, des études supplémentaires sur l'impact de ce variant sont nécessaires. Il est en effet important de rester prudent, car l'émergence du variant Omicron se combine avec la présence dominante du variant Delta dans de nombreux pays, dont le Luxembourg. Le directeur de l'OMS, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, redoute "un tsunami de cas" dans les prochaines semaines s'accompagnant d'une augmentation du nombre d'hospitalisations et de décès. Il souligne en outre le fait que "les personnes non vaccinées courent beaucoup plus de risques de mourir de l'un ou l'autre variant" (OMS - 22 décembre 2021).

Le rôle essentiel du rappel vaccinal et des gestes barrières

Les données relevées en Angleterre (Imperial College of London - 22 décembre 2021) pendant les 2 premières semaines de décembre 2021, mettent en avant le fait que le risque d'admission à l'hôpital était identique chez les personnes infectées par le variant Omicron qui n'avaient reçu que 2 doses de vaccin que chez celles infectées par le virus Delta. Ce qui souligne l'importance de la campagne de rappel de vaccination (booster ou 3e dose), citée aussi par l'étude menée en Écosse (University of Edinburgh - 22 décembre 2021). Ce rappel de vaccination offre d'ailleurs une grande protection contre le variant Delta.

Avec la forte transmissibilité du variant Omicron, l'ensemble des services de santé pourrait être confronté à une des hospitalisations liées à la COVID-19 si les infections à ce variant continuent de croître au rythme observé ces dernières semaines. Le directeur de l'OMS avance "qu'en plus de la vaccination, des mesures sociales de santé publique sont également nécessaires pour endiguer la vague d'infection, protéger les travailleurs et les systèmes de santé, ouvrir les sociétés et maintenir les enfants à l'école".

D'où la mise en place actuelle de plusieurs mesures restrictives au Luxembourg, dont les autorités sanitaires rappellent qu'en plus de la vaccination, l'application des gestes barrières (distanciation sociale, port du masque, lavage régulier des mains, ainsi que la réduction des contacts) est primordiale pour se protéger.

Dernière modification le